Aujourd’hui, dimanche 27 juin, en me levant, j’ai décidé de consulter la Coopol. J’apprends qu’un nouveau groupe vient de se créer. Son titre : « Qu’est ce qu’être "Socialiste" aujourd’hui ????? »
Titre accrocheur, titre provoc et pourtant, ne manifeste t’il pas un sentiment profond au sein du parti ? Est-ce que le militant lambda n’a pas déjà eu l’impression de se l’être déjà posé ?
Oh ! Rassurez vous, ici, pas de volonté de décerner les bons et les mauvais points au moyen d’un classement passif/actif, de taper sur le national ou sur les fédérations, ni même de prendre parti pour une motion contre une autre. Non, juste l’envie, le sentiment de dire que cette question aussi incongrue soit elle n’est pas si extraordinaire !
Durant ma jeune carrière de militant et de collaborateur d’élus (actuellement au chômage, … à cause de socialistes !!!!), j’aurai eu l’occasion bien souvent de me poser cette question. J’aurai pu ainsi voir des comportements bien peu orthodoxes vis à vis de la pensée originelle de notre mouvement.
Encore une fois, je n’ai pas l’intention de me lancer dans un inventaire à la Prévert, en dénonçant uniquement les attitudes du national ou de celles des « éléphants ». Je suis suffisamment généreux pour y associer les petits barons locaux (et ceux qui croient l’être), comme les petits militants ayant les dents longues. Je ne rentrerai même pas dans les controverses idéo(nigo)logiques de courant, juste dans les initiatives d’untel par rapport à untel, des bassesses que chaque camarade peut se faire pour arriver à ses fins. Normal, l’homme vit de l’homme !
Pourtant, ce n’était pas ma conception en adhérant au PS. Ce n’était pas non plus la philosophie de Léon Blum, comme il l’expliquait brillamment en 1929 : « Le socialisme est né de la conscience de l’égalité naturelle, alors que la société où nous vivons est toute entière fondée sur le privilège. Il est né de la compassion et de la colère qui subsiste en tout cœur honnête qui trouve le spectacle intolérable. Il est né du contraste à la fois scandaleux et désolant, entre le faste des uns et le dénuement des autres. On est socialiste à partir du moment où l’on se refuse la configuration actuelle des faits économiques comme nécessaires et éternels. A partir du moment où l’on a cessé de dire que c’est l’ordre des choses ; à partir du moment où l’ordre des choses est en contraction flagrante avec la volonté de justice, d’égalité, de solidarité qui vit en nous. » Et je pourrais tout aussi bien citer avec la même conception, Fourier, Marx ou même que Mitterrand et son programme commun, mais cela me ferrait passer pour un « intellectuel », ce que bon nombre de militants socialistes ont l’air de ne pas apprécier, car cela pourrait les menacer dans leur progression interne ; tout du moins, est ce ainsi que j’ai reçu bon nombre de remarques m’ayant été adressées, sous le prétexte que je suis/était étudiant à la fac.
Mais bon, rien ne sert à les citer, puisque la pratique humaine est différente. Puisque les gens ne savent plus les lire, ni les comprendre !
Durant ma jeune carrière, j’en aurai vu qui derrière la course au titre ne cherchaient qu’une place bien au chaud, sans faire progresser les idées… J’en aurai aussi vu, qui dans le choix d’adhérer à un parti, n’auront vu que dans le PS, celui d’être le plus grand parti de la gauche, ayant une possibilité de gouverner et donc d’être éligible.
J’en aurai aussi vu, qui auront oublié la conception sociale du parti en passant de l’autre côté du bureau, en devant élu. Je me serai ainsi fait insulter lorsque j’ai demandé à retrouver un travail, par un élu socialiste à qui je venais de fournir clé en main un site internet. Et oui, un collaborateur d’élus signifie aussi corvéable à merci ! Voici une définition que je n’aurai pas cru voir appliquer de la part d’un socialiste !
Je me souviens que tout le monde et moi le premier avait rigolé lorsqu’une socialiste avait sorti le mot FRA-TER-NI-TE. Oui, c’était absurde. Oui, c’était publicitaire et pourtant ça en disait long ! Frères, camarades, des mots que beaucoup semblent avoir oublié d’aller rechercher dans un dictionnaire.
Le but de cet article n’est pas de distribuer des bons ou des mauvais points, de défendre tel camp ou tel autre (NDR : pour la petite histoire, je suis dans aucune motion). Mais juste d’exprimer l’opinion d’un simple militant, pour dire que c’est toute la chaîne qui ne sait plus ce qu’est être socialiste ! Aujourd’hui, on voit l’adhésion au PS comme la possibilité d’une ascension salariale ; le parti qui a le plus de chance d’être vainqueur suite à un changement de politique. Tant que ce sentiment existera, pas besoin de définir ce qu’est un programme socialiste…
« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, […]
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, »
Alors, tu pourras remporter les élections !
Heureusement qu’il y a encore quelques militants et certains élus qui ne partagent pas cette conception. Espérons que l’espoir à gauche n’est pas mort et que les lendemains chanteront.














Bravo Ben, un article très réaliste ou je me reconnais !
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